Fiscalité portugaise pour nouveaux résidents 2026 — et le cas de la France
Devenir résident fiscal portugais — vivre 183 jours ou plus par an au Portugal, ou y avoir son centre d’intérêts — soumet le revenu mondial au barème progressif IRS jusqu’à 48 % de tranche marginale, avec surtaxes possibles. L’en-tête fait peur ; les résultats réels dépendent énormément de la structuration : type de revenu, calendrier, crédits conventionnels et régimes spéciaux décrits ci-dessous.
Le NHR est fermé ; l’IFICI est le successeur
Le fameux régime de Résident Non Habituel — 20 % de taux plat sur les revenus d’activité pendant 10 ans et exonérations de revenus étrangers — est fermé aux nouvelles demandes depuis mars 2024. Son remplaçant à partir de 2024, l’IFICI (« NHR 2.0 »), est plus étroit : 20 % de taux plat sur les revenus d’activité portugais pendant 10 ans, pour les professions qualifiées listées — recherche, enseignement supérieur, tech, ingénierie et autres métiers visés par arrêté — qui deviennent résidents fiscaux. Il n’exonère plus les revenus étrangers comme l’ancien NHR. L’éligibilité dépend du métier et de la fenêtre de demande ; vérifiez l’arrêté en vigueur avant de compter dessus.
Le cas France : convention, assurance-vie, exit tax, IFI
Quatre points structurent la réflexion des Français qui s’installent. Un : la nouvelle convention fiscale franco-portugaise (en vigueur depuis 2022) fait imposer la plupart des pensions privées dans l’État de résidence — le Portugal, au barème progressif — là où l’ancienne convention les taxait en France avec un abattement de 80 % ; c’est le changement qui a déplacé des milliers de retraités. Les pensions publiques restent imposées en France, et les prélèvements sociaux ne s’appliquent plus aux non-résidents affiliés à un régime obligatoire étranger. Deux : les rachats d’assurance-vie ne relèvent plus du régime français une fois non-résident — le traitement portugais des produits diffère du régime français et doit être modélisé avant le départ. Trois : l’exit tax française (article 167 bis du CGI) peut s’appliquer aux valeurs mobilières au départ si le portefeuille dépasse 800 000 € ou représente plus de 50 % des bénéfices d’une société — avec un sursis de paiement de 15 ans, réduit à 2 ans (portefeuille ≤ 2,57 M€) ou 5 ans au-delà pour les transferts intra-UE. Quatre : l’IFI ne frappe que les actifs immobiliers situés en France — votre patrimoine immobilier portugais relève du régime portugais (IMI, AIMI), pas de l’IFI.
Les catégories que tout le monde demande
- Retraites étrangères : imposées au barème ordinaire depuis la fin du NHR (nuances conventionnelles selon le pays)
- Dividendes et intérêts : 28 % de taux plat standard, avec crédits d’impôt conventionnels
- Plus-values sur actions : en principe 28 % ; plus-values immobilières portugaises avec exceptions de réinvestissement pour la résidence principale
- Crypto : plus-values détenues plus d’un an — 0 % ; moins d’un an — 28 % (le trading habituel change le régime)
- Fiscalité immobilière : IMT progressif jusqu’à ~7,5 %, droit de timbre 0,8 %, IMI annuel 0,3–0,45 % en urbain
L’erreur la plus chère reste de déménager d’abord et structurer ensuite : l’année d’installation mêle exit tax, calendrier des indemnités, retraits de retraite et ventes immobilières. Un conseil avant le départ, pas après le premier avis d’imposition. La lecture côté visa : Golden Visa et fiscalité.
Structurer avant que l’horloge fiscale ne démarre
Les spécialistes fiscaux du partenaire modélisent votre scénario 2026 précis — mix de revenus, éligibilité IFICI, position conventionnelle — avant que vous ne deveniez résident.
Demander conseil →